Le soleil nous a donné un monde
Il peut nous donner un futur
Tout le monde est d’accord. L’énergie solaire est
bonne.
Mais c’est la dernière à recevoir l’argent de la recherche et
développement.
Vous pouvez changer cela.
L’énergie solaire pourrait contribuer massivement à nos besoins énergétiques
d’ici 1985.
Qu’attendons-nous.
Ces quelques lignes écrites à la fin des années 70
concluent les 9 minutes 30 de The Solar Film de
Saul and Elaine Bass, produit par Robert Redford, il y a bientôt 30 ans.
A voir après la courte introduction de Eames Demetrios qui
diffuse une bonne sélection de films court via son site DASFilmFest.com (DAS pour Design, Architecture,
and Sustainability.)
Extrait traduit du script original de la vidéo de Greg Craven (12 octobre
2007), How It All Ends: Scare Tactics.
Dans son introduction de With Speed and Violence, l’auteur Fred Pearce cite
un climatologue qui lui a dit tranquillement : « Si nous avons raison, des
périodes vraiment sinistres nous attendent. » Si vous vous rappelez, mon
objectif avec ce projet vidéo n’est pas de vous convaincre de croire à de
telles prédictions, mais simplement de poser la question : pourquoi prendre le
risque ? Quel intérêt y a-t-il à ignorer de tels avertissements de la part de
tant de gens intelligents, expérimentés et crédibles dans le domaine ?
Il y a dix ans, avant que j’étudie les détails du changement
climatique global, je le considérais comme les autres causes environnementales.
Mais après avoir étudié les mécaniques spécifiques, les signes, et l’ampleur du
sujet, les choses changèrent. De façon spectaculaire. Je me souviens
distinctement de cet après-midi, et de la terrible et grandissante sensation de
« Oh, mon Dieu,» lorsque l’envergure et la portée mêmes de la menace se
révélèrent et prirent sens. A cette époque j’avais déjà pas mal étudié la
physique et la chimie, et cet après-midi là, à la conférence de chimie de ce
professeur, les pièces du puzzle s’assemblèrent dans un sentiment fracassant de
respect et de crainte. Ca m’a transformé.
Comme je l’ai dit précédemment, je vis dans le Pacific Northwest, et j’aime
randonner dans les forêts anciennes. Je suis littéralement amoureux des arbres.
Je trippe en touchant ces énormes choses vivantes et en imaginant qu’elles
étaient là, exactement au même endroit, déjà vieilles, quand a été signée la
Déclaration d’Indépendance, ou quand les pèlerins débarquèrent, ou même avant
que les chevaux n’arrivent sur le continent. C’est simplement foutrement
incroyable!
Mais aujourd’hui, quand je vois des coupes claires, je pense « Parfait !
Séquestration de carbone ! Plantons d’autres arbres, pour qu’on puisse les
abattre eux aussi ! » Quand une organisation caritative demande de l’argent, je
demande « Qu’est-ce que ça fera pour réduire les émissions de carbone ? » Je
suis même un partisan de l’énergie nucléaire maintenant –le gaspillage le plus
imprudent, irresponsable et inconséquent de tous les temps –mais c’est sans
carbone. Je sais, on croirait entendre un fanatique, mais c’est un truc
complètement pragmatique pour moi.
La photosynthèse oxygénique est un phénomène massif à l'échelle planétaire.
Elle est à l'origine de pratiquement toute la formation de la biomasse, ce qui
représente le stockage annuel d'environ 2 x 1011 tonnes de carbone.
En termes énergétiques elle correspond à la conversion d'énergie lumineuse en
énergie chimique. La Terre reçoit chaque année environ 5,4 x 1024
joules (J) d'énergie solaire lumineuse, dont 1,5 x 1024 J de
rayonnement actif sur le plan photosynthétique atteint la surface terrestre, ce
qui donne lieu à la formation d'environ 4 x 1021 J d'énergie
chimique sous forme de biomasse. Il est intéressant de comparer la consommation
annuelle d'énergie, par l'ensemble des êtres humains habitant la planète, qui
est de 4,3 x 1020 J.
Le sol est une matière vivante, plus complexe encore que l’eau ou
l’atmosphère, milieux relativement simples. Le sol ne représente pas un volume
important sur notre planète, mais il est extraordinaire. Il ne mesure que 30
centimètres d’épaisseur en moyenne, mais il héberge 80 % de la biomasse vivante
du globe. Il pèse 50 000 fois plus lourd que tout ce qui vit à la surface de la
terre. C’est le seul milieu qui provienne de la fusion du monde minéral des
roches-mères et du monde organique issu de la vie à la surface de la terre. Il
n’y a que la planète Terre qui possède ce milieu, qui abrite plus d’êtres
vivants que sur tout le reste de sa surface ! Cela ne se voit pas. À l’échelle
planétaire, il existe 2 500 espèces de vers de terre et ils pèsent aussi lourd
que tous les autres animaux du monde. Les Anciens ont eu raison d’appeler notre
planète « Terre ». Il n’y a qu’une seule planète ayant un sol, c’est la nôtre.
C’est un milieu tout à fait exceptionnel, le plus riche de notre
planète.[1]
Et alors ?
Pour concevoir des objets qui puissent être biodégradés, compostés pour tout ou
partie en fin de vie, il faut connaitre les mécanismes qui rendent ce retour à
l’écosystème possible. Il faut prendre conscience du rôle de la faune du sol et
comprendre la différentes étapes du processus de décomposition. Claude
Bourguignon dit que les agriculteurs doivent "décompacter leur cerveau", les
designers doivent déformater le leur.
Claude Bourguignon est microbiologiste des sols. Il a donné une
conférence[2] intitulée "Vers de
nouvelles techniques d’assolement, et de semis direct." Le titre peut laisser
penser que son propos ne s'adresse qu'aux agriculteurs, mais la richesse de sa
présentation l'élargit à biens d'autres sujets et sa qualité la rend accessible
à tous.
En passant vous comprendrez pourquoi les tomates n'ont plus de goût,
pourquoi les céréales du petit déjeuner viennent de l'autre bout du monde,
pourquoi l'ADN les hommes est deux fois plus court celui des plantes, comment
les agriculteurs peuvent participer à la réduction des émission de CO2, d'où
vient le pétrole et comment semer des patates sans se fatiguer.
Installez-vous confortablement, ça dure deux heures.
Notes
[1] extrait de Lydia et Claude
Bourguignon (14 décembre 2002), La terre est la
seule planète qui…, Newsletter ABCD Presse. [2] le 17 mars 2007, au 2ème Cycle
de Conférences André Dupuy, à l'occasion du Comice Agricole de
Fleurs.
Vous ne pouvez pas faire de design vert sans matériaux verts, et les
innovations en terme de matériaux ont tendance à venir des chimistes. Les
chimistes produisent ausi beaucoup de produits à part entière : peintures,
adhésifs, produits nettoyants, des industries complètes. Alors que font les
chimistes pour sauver le monde?
Il y a actuellement un chimiste vert célèbre dans le monde : Michael
Braungart (fondateur d'EPEA,
co-fondateur de McDonough
Braungart Design Chemistry et co-auteur de Cradle to
Cradle). Le monde en a besoin d'une centaine de plus.