Le titre de ce billet est tiré d'un ouvrage de 250 pages qui traite dans les
moindres détails, de la difficulté d'aborder ce sujet, du compostage, des
toilettes sèches, des systèmes d'assainissement des eaux grises etc, le tout
illustré avec humour...un petit bijou, traduction d'un petit extrait :
L'Amérique n'est pas seulement un pays d'industrie et de commerce, c'est
aussi un pays de consommation et de déchets, produisant entre 12 et 14 millions
de tonnes de déchets chaque années. La majorité de nos déchets est constituée
de matière organique composée de résidus de nourriture, de feuillages
municipaux, de matériaux de jardins, de résidus agricoles et des excréments des
humains et des animaux d'élevage, qui devraient tous être rendu à la terre dont
ils sont issus. Ces matières organiques ont beaucoup de valeur d'un point de
vue agricole, chose bien connue parmi les jardiniers et les agriculteurs
biologiques.
Respecter la liberté de choix des générations futures
Le développement durable vise à satisfaire les besoin de développement des
générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à
répondre aux leurs.[1]
Peut être voulons-nous que nos objets vivent pour toujours, mais que veulent
les générations futures ? Qu’en est-il de leur droit à la poursuite de la vie,
de la liberté, et du bonheur, à une célébration de leur propre abondance de
nutriments, de matériaux, de délices ?[2]
La forme suit l’évolution, pas seulement la fonction
Si les humains vont vraiment prospérer, nous allons avoir à apprendre à
imiter le système hautement efficace de « berceau à berceau » de la nature, de
flux de nutriments et de métabolisme, dans lequel le concept même de déchet
n’existe pas. Éliminer le concept même de déchet signifie de concevoir les
choses –produits, packaging, et systèmes- étant entendu dès le départ que
le déchet n’existe pas. Cela signifie que les précieux nutriments contenus dans
les matériaux déterminent le design : la forme suit l’évolution, pas seulement
la fonction. Nous pensons que c’est une perspective plus robuste que la manière
actuelle de faire les choses.[3]
Illustration du modèle Cradle-to-Cradle
Notes
[1] Commission mondiale
sur l’environnement et le développement (1987), Rapport Bruntland, Notre avenir à tous, Montréal, Fleuve. Extraits traduits de William McDonough, Michael Braungart (2002),
Cradle to Cradle: Remaking the Way We Make Things, New York, Norh Point
Press. (lien amazon) [2] p.114, [3] pp.103-104.
Le sol est une matière vivante, plus complexe encore que l’eau ou
l’atmosphère, milieux relativement simples. Le sol ne représente pas un volume
important sur notre planète, mais il est extraordinaire. Il ne mesure que 30
centimètres d’épaisseur en moyenne, mais il héberge 80 % de la biomasse vivante
du globe. Il pèse 50 000 fois plus lourd que tout ce qui vit à la surface de la
terre. C’est le seul milieu qui provienne de la fusion du monde minéral des
roches-mères et du monde organique issu de la vie à la surface de la terre. Il
n’y a que la planète Terre qui possède ce milieu, qui abrite plus d’êtres
vivants que sur tout le reste de sa surface ! Cela ne se voit pas. À l’échelle
planétaire, il existe 2 500 espèces de vers de terre et ils pèsent aussi lourd
que tous les autres animaux du monde. Les Anciens ont eu raison d’appeler notre
planète « Terre ». Il n’y a qu’une seule planète ayant un sol, c’est la nôtre.
C’est un milieu tout à fait exceptionnel, le plus riche de notre
planète.[1]
Et alors ?
Pour concevoir des objets qui puissent être biodégradés, compostés pour tout ou
partie en fin de vie, il faut connaitre les mécanismes qui rendent ce retour à
l’écosystème possible. Il faut prendre conscience du rôle de la faune du sol et
comprendre la différentes étapes du processus de décomposition. Claude
Bourguignon dit que les agriculteurs doivent "décompacter leur cerveau", les
designers doivent déformater le leur.
Claude Bourguignon est microbiologiste des sols. Il a donné une
conférence[2] intitulée "Vers de
nouvelles techniques d’assolement, et de semis direct." Le titre peut laisser
penser que son propos ne s'adresse qu'aux agriculteurs, mais la richesse de sa
présentation l'élargit à biens d'autres sujets et sa qualité la rend accessible
à tous.
En passant vous comprendrez pourquoi les tomates n'ont plus de goût,
pourquoi les céréales du petit déjeuner viennent de l'autre bout du monde,
pourquoi l'ADN les hommes est deux fois plus court celui des plantes, comment
les agriculteurs peuvent participer à la réduction des émission de CO2, d'où
vient le pétrole et comment semer des patates sans se fatiguer.
Installez-vous confortablement, ça dure deux heures.
Notes
[1] extrait de Lydia et Claude
Bourguignon (14 décembre 2002), La terre est la
seule planète qui…, Newsletter ABCD Presse. [2] le 17 mars 2007, au 2ème Cycle
de Conférences André Dupuy, à l'occasion du Comice Agricole de
Fleurs.