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lundi 17 septembre 2007

Le monde se divise en deux catégories : ceux qui chient dans leurs réserves d'eau potable et ceux qui ne le font pas.

Le titre de ce billet est tiré d'un ouvrage de 250 pages qui traite dans les moindres détails, de la difficulté d'aborder ce sujet, du compostage, des toilettes sèches, des systèmes d'assainissement des eaux grises etc, le tout illustré avec humour...un petit bijou, traduction d'un petit extrait :
Broken

L'Amérique n'est pas seulement un pays d'industrie et de commerce, c'est aussi un pays de consommation et de déchets, produisant entre 12 et 14 millions de tonnes de déchets chaque années. La majorité de nos déchets est constituée de matière organique composée de résidus de nourriture, de feuillages municipaux, de matériaux de jardins, de résidus agricoles et des excréments des humains et des animaux d'élevage, qui devraient tous être rendu à la terre dont ils sont issus. Ces matières organiques ont beaucoup de valeur d'un point de vue agricole, chose bien connue parmi les jardiniers et les agriculteurs biologiques.

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Le Cradle-to-Cradle illustré

A propos de l'ouvrage de William McDonough et Michael Braungart, Cradle to Cradle: Remaking the Way We Make Things (lien amazon) :

Un nouveau paradigme

Respecter la liberté de choix des générations futures

Le développement durable vise à satisfaire les besoin de développement des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.[1]

Peut être voulons-nous que nos objets vivent pour toujours, mais que veulent les générations futures ? Qu’en est-il de leur droit à la poursuite de la vie, de la liberté, et du bonheur, à une célébration de leur propre abondance de nutriments, de matériaux, de délices ?[2]

La forme suit l’évolution, pas seulement la fonction

Si les humains vont vraiment prospérer, nous allons avoir à apprendre à imiter le système hautement efficace de « berceau à berceau » de la nature, de flux de nutriments et de métabolisme, dans lequel le concept même de déchet n’existe pas. Éliminer le concept même de déchet signifie de concevoir les choses –produits, packaging, et systèmes-  étant entendu dès le départ que le déchet n’existe pas. Cela signifie que les précieux nutriments contenus dans les matériaux déterminent le design : la forme suit l’évolution, pas seulement la fonction. Nous pensons que c’est une perspective plus robuste que la manière actuelle de faire les choses.[3]

Illustration du modèle Cradle-to-Cradle

Notes

[1] Commission mondiale sur l’environnement et le développement (1987), Rapport Bruntland, Notre avenir à tous, Montréal, Fleuve.
Extraits traduits de William McDonough, Michael Braungart (2002), Cradle to Cradle: Remaking the Way We Make Things, New York, Norh Point Press. (lien amazon)
[2] p.114,
[3] pp.103-104.

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vendredi 27 juillet 2007

Cultiver le design

Le sol est une matière vivante, plus complexe encore que l’eau ou l’atmosphère, milieux relativement simples. Le sol ne représente pas un volume important sur notre planète, mais il est extraordinaire. Il ne mesure que 30 centimètres d’épaisseur en moyenne, mais il héberge 80 % de la biomasse vivante du globe. Il pèse 50 000 fois plus lourd que tout ce qui vit à la surface de la terre. C’est le seul milieu qui provienne de la fusion du monde minéral des roches-mères et du monde organique issu de la vie à la surface de la terre. Il n’y a que la planète Terre qui possède ce milieu, qui abrite plus d’êtres vivants que sur tout le reste de sa surface ! Cela ne se voit pas. À l’échelle planétaire, il existe 2 500 espèces de vers de terre et ils pèsent aussi lourd que tous les autres animaux du monde. Les Anciens ont eu raison d’appeler notre planète « Terre ». Il n’y a qu’une seule planète ayant un sol, c’est la nôtre. C’est un milieu tout à fait exceptionnel, le plus riche de notre planète.[1]

Et alors ?
Pour concevoir des objets qui puissent être biodégradés, compostés pour tout ou partie en fin de vie, il faut connaitre les mécanismes qui rendent ce retour à l’écosystème possible. Il faut prendre conscience du rôle de la faune du sol et comprendre la différentes étapes du processus de décomposition. Claude Bourguignon dit que les agriculteurs doivent "décompacter leur cerveau", les designers doivent déformater le leur.

Claude Bourguignon est microbiologiste des sols. Il a donné une conférence[2] intitulée "Vers de nouvelles techniques d’assolement, et de semis direct." Le titre peut laisser penser que son propos ne s'adresse qu'aux agriculteurs, mais la richesse de sa présentation l'élargit à biens d'autres sujets et sa qualité la rend accessible à tous.

En passant vous comprendrez pourquoi les tomates n'ont plus de goût, pourquoi les céréales du petit déjeuner viennent de l'autre bout du monde, pourquoi l'ADN les hommes est deux fois plus court celui des plantes, comment les agriculteurs peuvent participer à la réduction des émission de CO2, d'où vient le pétrole et comment semer des patates sans se fatiguer.

Installez-vous confortablement, ça dure deux heures.

Notes

[1] extrait de Lydia et Claude Bourguignon (14 décembre 2002), La terre est la seule planète qui…, Newsletter ABCD Presse.
[2] le 17 mars 2007, au 2ème Cycle de Conférences André Dupuy, à l'occasion du Comice Agricole de Fleurs.