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mardi 15 avril 2008

Le Design est le Problème...

Traduction de la présentation de Nathan Shedroff (automne 2007), Design is the Problem..., avec l’aimable autorisation de l’auteur.

 
Le design constitue une partie importante des problèmes de viabilité dans le monde. Le design s’est concentré sur la création d’articles, (souvent) insignifiants, jetables (bien que ça ne soit pas de façon intentionnelle), et chargés de tendances éphémères -tous les designs. Le design graphique est particulièrement mauvais, quoique les matières papier au moins, aient un énorme potentiel pour remédier à ce problème.

Le Designer face au Vendeur de Voitures d’Occasion



Les designers sont pires que les vendeurs de voitures d’occasion (au moins les voitures d’occasion sont réutilisées).

On apprend (trop) aux designers à faire « du nouveau » quand ça n’est pas vraiment mieux ou quand « l’ancien » n’a pas besoin d’être remplacé. Nous sommes complaisants quand nos collègues du marketing et de l’ingénierie suggèrent ou insistent sur la mauvaise qualité plutôt que sur la longévité, sur les matériaux pas chers, ou sur la mauvaise usabilité (caractéristiques, processus, etc.). Non, nous ne sommes pas les seuls ou complètement responsables, mais nous sommes suffisamment responsables pour devoir changer.

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mardi 2 octobre 2007

Redesigner le design

L’approche de William McDonough et Michael Braungart a ceci de particulier qu’elle conjugue les connaissances d’un architecte et d’un chimiste. L’origine, la nature et le devenir de matériaux que les designers devront mettre en œuvre sont au cœur d’une nouvelle pratique. Ces matériaux impliquent d’autres modes de transformation, d’autres contraintes et d’autres possibilités.  C’est un changement radical de la manière de concevoir et c’est tout un univers de recherches et de découvertes qui se dessine et qui implique de notre part curiosité et rigueur.

En essayant de créer ce changement, les designers peuvent passer beaucoup de temps à tergiverser à propos de détails techniques qui sont souvent hors de leur compétence, et ce faisant ils faillissent à jouer à leur meilleur niveau. La libération du design viable signifiera de changer la façon de dont nous composons et concevons notre monde matériel, élément par élément. Les designers sont peut être capables d’apporter des solutions aux défis complexes que les humains créent, cependant, ils ne peuvent à eux seuls solutionner le problème du design écologique.[1]

Ces dernières années ont vu le métier du designer devenir plus conceptuel : créateur de nouveaux scenarios, de nouveaux usages, d’innovations. Cette évolution peut être expliquée par nécessité de compenser la saturation des marchés, la satisfaction des besoins de base, et la disponibilité de technologies toujours nouvelles.
En quelque sorte,  le design s’est retrouvé à devoir justifier de sa nécessité. Né de l’industrie, le design tente d’arracher la tutelle de son parent malade, ce qui se traduit par la « fuite en amont » des designers.
Ce faisant les designers se sont un peu détachés de « l’intelligence matérielle.» Ils ont perdu l’intimité avec les matériaux, la conception, les techniques de fabrication et d’assemblage.
Pourtant le défi de notre maintien sur la planète semble appeler les designers à revenir au fondement du design. Cela ne signifie pas qu’il faille abandonner les enseignements de la « phase conceptuelle » : scénarisation, réflexions sur les usages et innovation ont un rôle capital à jouer, mais sur un autre terrain, avec de nouvelles règles.

Notes

Extrait traduit d'Alex Stefen (2006), Worldchanging: A User's Guide for the 21st Century, New York, Abrams ou en français Changer le monde : Un guide pour le citoyen du XXIe siècle, Paris, Editions de la Martinière. (liens amazon)
[1] Dawn Danby, p.85.

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lundi 17 septembre 2007

Le Cradle-to-Cradle illustré

A propos de l'ouvrage de William McDonough et Michael Braungart, Cradle to Cradle: Remaking the Way We Make Things (lien amazon) :

Un nouveau paradigme

Respecter la liberté de choix des générations futures

Le développement durable vise à satisfaire les besoin de développement des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.[1]

Peut être voulons-nous que nos objets vivent pour toujours, mais que veulent les générations futures ? Qu’en est-il de leur droit à la poursuite de la vie, de la liberté, et du bonheur, à une célébration de leur propre abondance de nutriments, de matériaux, de délices ?[2]

La forme suit l’évolution, pas seulement la fonction

Si les humains vont vraiment prospérer, nous allons avoir à apprendre à imiter le système hautement efficace de « berceau à berceau » de la nature, de flux de nutriments et de métabolisme, dans lequel le concept même de déchet n’existe pas. Éliminer le concept même de déchet signifie de concevoir les choses –produits, packaging, et systèmes-  étant entendu dès le départ que le déchet n’existe pas. Cela signifie que les précieux nutriments contenus dans les matériaux déterminent le design : la forme suit l’évolution, pas seulement la fonction. Nous pensons que c’est une perspective plus robuste que la manière actuelle de faire les choses.[3]

Illustration du modèle Cradle-to-Cradle

Notes

[1] Commission mondiale sur l’environnement et le développement (1987), Rapport Bruntland, Notre avenir à tous, Montréal, Fleuve.
Extraits traduits de William McDonough, Michael Braungart (2002), Cradle to Cradle: Remaking the Way We Make Things, New York, Norh Point Press. (lien amazon)
[2] p.114,
[3] pp.103-104.

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samedi 28 juillet 2007

La bonne nouvelle est celle de l'abondance

Je pense qu’en tant que designers nous comprenons que le design est un signal d’intention, mais il doit également s’opérer au sein même d’un monde, et nous devons comprendre ce monde afin d’imprégner nos designs d'une intelligence intrinsèque ; lorsque nous repensons le contexte fondamental dans lequel nous concevons, d’une certaine manière nous avons besoin de retourner aux conditions primordiales pour comprendre le système opératoire et le cadre de la planète, et je pense que ce qu’il y a de passionnant dans cela, c’est la bonne nouvelle qu’il y a là, parce que la bonne nouvelle est celle de l’abondance et pas celle des limites et je pense qu’au moment où notre culture se torture avec des tyrannies et des inquiétudes de limites et des peurs, nous pouvons avoir cette autre dimension d’abondance qui est cohérente, conduite par le soleil et commencer à imaginer comment ce serait de partager.

C'est par cette longue phrase que William McDonough entame son exposé lors des Conférences TED en février 2005. William McDonough y explique qu'un monde de limites n'est pas viable, et qu'au contraire c'est à un monde d'abondance auquel il nous faut contriuer, à l'image de celui qui s'est développé à la surface du globe.

C'est en anglais et ça dure un vingtaine de minutes.