Le monde se divise en deux catégories : ceux qui chient dans leurs réserves d'eau potable et ceux qui ne le font pas.
Par David L'Hôte le lundi 17 septembre 2007, 10:28 - Lien permanent

L'Amérique n'est pas seulement un pays d'industrie et de commerce, c'est aussi un pays de consommation et de déchets, produisant entre 12 et 14 millions de tonnes de déchets chaque années. La majorité de nos déchets est constituée de matière organique composée de résidus de nourriture, de feuillages municipaux, de matériaux de jardins, de résidus agricoles et des excréments des humains et des animaux d'élevage, qui devraient tous être rendu à la terre dont ils sont issus. Ces matières organiques ont beaucoup de valeur d'un point de vue agricole, chose bien connue parmi les jardiniers et les agriculteurs biologiques.

Les fèces et l'urine sont des exemples de matières biologiques naturelles et bénéfiques excrétées par le corps des animaux après qu'il ont terminé leur processus digestifs. Ce ne sont des déchet que lorsque que nous nous en débarrassons. Quand ils sont recyclés, ce sont des ressources, ils sont souvent appelés fumiers, mais jamais déchets, par les gens qui pratiquent le recyclage.
Nous ne recyclons pas les déchets. C'est une erreur sémantique commune de dire que ce déchet est, peut être, ou devrait être recyclé. Les ressources sont recyclées, mais le déchet ne l'est jamais. C'est pour cela qu'il est appelé "déchet." Un déchet est n'importe quelle matière qui est jetée et qui n'a plus d'usage. Nous les humains avons été si gaspilleurs pendant si longtemps que le concept de d'élimination des déchets nous est étranger. Pourtant c'est un concept important.
Quand une pomme de terre est épluchée, les épluchure ne sont pas des déchets de cuisine, ce sont encore des épluchures de pommes de terre. Quand elle sont récupérées pour être compostées, elles sont recyclées et aucun déchet n'est produit.
Les professionnels du compostage appellent parfois les matériaux recyclés "déchets." Un bon nombre des gens qui développent les programmes de compostage municipaux viennent du domaine de la gestion des déchets. Aujourd'hui cependant, l'utilisation du terme "déchet" pour décrire les matières recyclées est une habitude déplaisante qui doit être abandonnée. Autrement, on pourrait appeler les feuilles d'automne des "déchets d'arbre," parce que l'arbre n'en a plus besoin et qu'elles sont tombées. Pourtant, quand on marche dans la forêt, où voit-on des déchets ? La réponse est "nulle part," parce que la matière organique de la forêt est recyclée naturellement et aucun déchet n'est créé. Ironiquement, les feuilles et les tontes d'herbe sont appelées "déchets de jardin" par certains professionnels du compostage, un autre exemple de la mentalité persistante du déchet qui ronge notre culture.
L'excrément d'un organisme est la nourriture d'un autre organisme. Tout est recyclé dans les systèmes naturels, éliminant de ce fait le déchet. Les humains créent des déchets parce que nous persistons à ignorer les systèmes naturels dont nous dépendons. Nous sommes si experts en la matière, que nous considérons le déchet comme une évidence et que nous avons donné au mot une place proéminente dans notre vocabulaire. Nous avons des "déchets" de cuisine, des "déchets" de jardin, des "déchets" agricoles, des "déchets" municipaux, des "bio-déchets", etcétéra, etcétéra. Cependant notre survie à long terme requiert que nous apprenions à vivre en harmonie avec notre planète d'accueil. Cela requiert aussi que nous comprenions les cycles naturels et que nous les incorporions à notre vie quotidienne. Essentiellement, cela signifie que nous les humains devons tenter d'éliminer complètement les déchets. A mesure que nous éliminons les déchets de nos habitudes de vie, nous pouvons aussi éliminer progressivement le mot "déchet" de notre vocabulaire.
"Déchet humain" est un terme qui a traditionnellement été utilisé pour nommer le excréments humains, la matière fécale et l'urine en particulier, qui sont des sous produits du système digestif humain. Quand ils sont jetés, comme ils le sont habituellement, ces matières sont familièrement appelées déchets humains, mais quand elles sont recyclées dans un but agricole, elles sont appelées de différentes manière, comme night soil[1] quand elles sont directement épandues dans les champs en Asie.
Les excréments humains, à la différence des déchets humains, ne sont absolument pas des déchets - c'est une ressource organique riche en nutriments pour le sol. Les excréments humains viennent de la terre et peuvent assez facilement y retourner, spécialement s'ils sont transformés en humus par le biais du processus de compostage.
D'un autre côté, les déchets humains (les fèces et les urines jetées) créent des problèmes environnementaux significatifs, fournissent une voie de transmission pour les maladies, et privent l'humanité d'une précieuse fertilité des sol. Ils font partie des principaux ingrédients des eaux d'égout, et sont largement responsables de des pollutions de l'eau dans le monde.
Une distinction claire doit être établie entre les excréments humains et les eaux d'égout parce que ce sont deux choses très différentes. Les eaux d'égout peuvent contenir des déchets de bien d'autres origines - industries, hopitaux et garages, par exemple. Les eaux d'égout peuvent aussi contenir une foule de polluants tels que des produits chimiques industriels, des métaux lourds, des huiles et des graisses, parmi d'autres. Par contre les excréments humains sont strictement des matières fécales et de l'urine.
Que sont les déchets humains en vérité? Les déchets humains sont les poubelles, les mégots de cigarettes, les anneaux en plastique qui maintiennent les packs de six, les boites de hamburger en polystyrène expansé, les bombes de déodorants, les couches jetables, les appareils hors d'usage, les bouteilles de soda non recyclées, les journaux abandonnés, les vieux pneus de voiture, les piles usées, les imprimés publicitaires, la pollution nucléaire, les emballages alimentaires, les films plastique, les décharges de produits toxiques, les gaz d'échappement, les CD jetés, les cinq million de gallons d'eau potable que nous faisons passer dans nos toilettes chaque jour, et les millions de tonnes de matière organique rependues dans l'environnement année après année après année.[2]
extrait traduit de Joseph Jenkins (2005), The Humanure Handbook: A Guide to Composting Human
Manure (lien amazon), également mis à disposition par son auteur sur
son site au format
pdf.
Illustrations : Tom Griffin
Notes
[1]
Excrément humain collecté pour devenir un engrais ou
fumier,
[2]
pp. 7-9, illustrations des p.10 et p.11.


Commentaires
Un blog que je fréquenterai dorénavant souvent.
C'est engagé comme il faut et c'est vrai maintenant que l'on doit se préoccuper au plus vite des soucis globaux concernant l'emvironnement.
Bonne continuation dans ces billets pleins de bon sens, d'analyse et de critique.
Un projet dont je vous donne le résumé ( copie de lettre ), sur lequel je travaille seul...!! pour l' instant:
Madame, Monsieur,
Je suis professeur de design depuis plus de 20 ans et depuis 2 ans je n' enseigne plus . À La suite d' un bilan de compétences, j' ai obtenu du rectorat de travailler sur des missions de recherches.
Ces missions sont achevées. J' ai encore quelques mois pour proposer au rectorat un projet professionnel. ce projet est quasiment au point: il serait, pour moi, question de travailler avec la ville de Marseille dans le cadre de 2013, capitale de la culture sur le problème de la ressource eau pour lister les propositions des designers, architectes, gens de la communication, que ce soit des projets réalisés ou possibles, voire ( jugés) utopiques, ( "mais que serions nous sans le secours des choses qui n' existent pas", disait Valéry ) qui concernent tout ce qui est fait, peut être fait, sur les plans de l' objet domestique quotidien, de l' habitat, de l' aménagement des paysages, pour économiser, récupérer, réutiliser, stocker cette ressource naturelle et aussi changer l' image d' une eau dont l' abondance , la pérennité et la surconsommation semblent " couler de source".
Il s' agit donc de traiter la question dans les trois domaines spécifiques au design que sont l' objet, l' espace et la communication.
De tels projets existent dans certains pays ( Québec, Royaume uni, Californie!, Afrique du sud, Italie...), en France, peu de choses se font, par manque d' information, peut être à cause de la confusion qu'engendre le fait que la distribution de l' eau est l' affaire de grands groupes privés ( les plus gros du monde en ce qui concerne l' eau ) et que cette appropriation admise des réseaux de distribution est associée à l' appropriation de la ressource même, déresponsabilisant l' usager de son rôle de régulateur citoyen de sa consommation, considérant que puisqu'il paye ce service, il lui revient le droit d' en user et abuser, s' il en a les moyens; sans oublier les lobbies des eaux en bouteille, dont la vente représente un marché important, marché, qui, comme son nom l' indique, tend à transformer une ressource naturelle en produit soumis aux contraintes mercantiles, en changeant le rapport que chacun d' entre nous entretient avec cet élément vital .
J' ai d' autres exemples mais je résume: le but de ce projet serait de mettre en réseau tous les gens qui sous l' étiquette de designers, architectes, communicants, ont, dans la région, une éthique autre que celle de produire des objets sans vrai sens, qui n' ont, ( pas tous heureusement ), qu' un but de valorisation esthétique fragile "démodable" et source de pollution de toute nature. Il n' est pas dans ce propos de volonté de rendre austère un domaine qui véhicule des propos symboliques, ludiques, parfois immatériels, mais de tenter de mettre ces caractéristiques en adéquation actuelle avec un problème d' ampleur planétaire et plus spécifiquement, pour ce qui nous concerne, méditerranéen, Maghreb et Machrek, compris.
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La finalité serait de montrer ces réalisations, ces idées diverses, d' en parler, sous forme de débats, de conférences, d' expositions.. etc... Le design, c' est aussi ce qui ne se voit pas, mais qui peut se dévoiler et s' expliquer, et qui rend service à la société par des réponses à des problèmes de la vie quotidienne grâce à ses capacités d' investigation, de projection dans l' avenir et sa connaissance des nouvelles technologies.
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Un second volet de ce programme est historique: toujours dans le cadre de cette manifestation européenne, Marseille 2013, je souhaiterais réunir des historiens locaux, des passionnés de culture locale, d' us et de coutumes, pour montrer quels étaient les objets et les partis pris architecturaux, paysagers, agricoles, industriels, du passé ( en fixant un retour en arrière limité, peut être à la révolution industrielle), qui concernaient le transport, le stockage, l' utilisation de l'eau, pour sa consommation, pour l' hygiène, pour l' irrigation, pour l' industrie, pour le captage, etc.. évoquer les liens sociaux que l' utilisation d' une eau partagée ( je pense aux fontaines, aux lavoirs..) engendrait et finalement interroger le passé sur le type de rapport que l' homme entretenait avec cette ressource vitale. Jean Giono considérait l' eau plus précieuse que l'or, pour ne citer que lui.
Ce volet pourrait donner lieu à des expositions, des évocations de différentes natures.
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J' ai contacté la mairie de Marseille, laquelle m' a répondu à trois reprises par un courrier encourageant, avec une référence précise, me demandant à chaque fois des précisions supplémentaires sur mon projet. Mon dernier envoi date du 13/09. Mon dossier est, normalement, entre les mains de Mme Dominique Vlasto, de qui j' ai reçu une réponse la semaine dernière, me disant confier mon dossier à la direction de Marseille-Provence 2013.
Bruno Frinzi bruno.frinzi@orange.fr
P.S. nouvelle réponse encourageante de la Mairie de Marseille qui transmet mon dossier à Bertrand Collette ( fin décembre 2008)
Bonjour Bruno.
J'ai lu avec attention votre commentaire, et je vous en remercie. J'ai cependant un doute concernant sa pertinence ici. S'agit-il de faire connaitre votre projet pour Marseille 2013?