Nous parlons juste de rendre la viabilité plus facile, nous ne parlons pas de rendre viables des choses qui ne le sont pas.
Par David L'Hôte le jeudi 6 septembre 2007, 21:49 - Lien permanent
Extrait traduit de l'interview de Vinay Gupta par Jacob Gordon (16 août 2007), The TH Interview: Vinay Gupta on Opensource Disaster Relief and Pod Ambiance, treehugger.
Cinquante pourcents de la population mondiale sont des agriculteurs biologiques. Ils sont agriculteurs biologiques parce qu’ils sont trop pauvres pour acheter des engrais ou des pesticides. C’est logique. Vous avez à faire à des gens qui vivent en grande partie de manière pré-technologique, et la plupart des problèmes environnementaux que nous avons sont le résultat d’une dépendance exagérée à des technologies énergivores.
Je ne suis pas en train de suggérer un truc du genre retour à la nature, mais il y a une véritable erreur que nous faisons au sein de la mouvance environnementale, en croyant que d’une manière ou d’une autre, nous allons automatiquement trouver un moyen de rendre viable le mode de vie du monde développé. Ca n’est pas nécessairement vrai. Il se peut que nous découvrions que nous ayons graduellement à abandonner une bonne partie de ces machins énergivores pour retourner à quelque chose bien plus proche de ce mode de vie rural, qui nous a accompagnés depuis le début de l’agriculture. Ces gens le pratiquent de la manière dont nous le pratiquions il y a 20 ou 30 milles ans.
Je crois qu’il est important de comprendre que ce dont nous parlons, c’est d’essayer d’augmenter le niveau de vie de la partie viable de l’humanité. C’est une façon vraiment très très difficile de voir les choses au début, mais une fois que vous la laissez s’installer, c’est tout à fait cohérent. C’est la moitié de la population qui vit sans accès massif aux combustibles fossiles et aux produits chimiques. Et nous essayons d’améliorer leur niveau de vie sans nécessairement les entrainer dans le gâchis dans lequel nous sommes, où leur mode de vie reposerait sur des pratiques qui n’ont pas de futur. Nous parlons juste de rendre la viabilité plus facile, nous ne parlons pas de rendre viables des choses qui ne le sont pas.
C’est une inversion complète du modèle habituel. La plupart des gens sont très très clairs sur le fait que la viabilité est une chose qui doit avoir lieu. Non, la viabilité a déjà eu lieu. Ce dont il est question c’est de rendre la viabilité agréable, c’est une partie de notre objectif, l’autre est de rendre viable ce qui n’est pas viable. Ce sont des processus connectés mais indépendants.


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