La solution Stirling de Dean Kamen
Par David L'Hôte le jeudi 9 août 2007, 09:35 - Lien permanent
Traduction de l'article de Todd Woody (2 août 2007), Dean Kamen's Stirling Solution, green wombat.
Dans un monde de cadres à la Stepford[1] qui ne dévient jamais de la ligne du parti de l’entreprise, il y a quelque chose de rafraichissant dans un entrepreneur prêt à prendre une gamelle –au sens propre du terme- pour sa dernière innovation. Dans le cas du super-inventeur Dean Kamen, cela signifie fracasser son scooter hybride Stirling électrique devant Green Wombat et un photographe. En juin, Green Wombat est allé visiter Westwind, la propriété de Kamen près de Manchester dans le New Hampshire, pour parler avec l’inventeur du Segway de son projet d’installer un moteur Stirling dans une voiture électrique fabriqué par Think en Norvège. (Voir « Have You Driven a Fjord Lately? »[2] dans le numéro d’août de Business 2.0.)
Mais en premier Kamen voulait nous faire la démonstration du scooter (photo ci-dessus) pour montrer comment un moteur pratiquement sans émission de gaz à effet de serre pourrait augmenter l’autonomie d’un véhicule électrique en rechargeant petit à petit sa batterie. Alors qu’il passe en trombe dans l’allée, le scooter part de côté – la distribution des masses nécessite quelques réglages – envoyant voler l’inventeur dans la pelouse. « Imaginons que tu sois au Bengladesh ou n’importe où dans le monde où les gens n’ont pas d’électricité », dit Kamen en se dépoussiérant et sans se démonter, « Tu rentres à la maison et tu branches ta maison dessus. » Il montre des prises à l’arrière de la selle du scooter. « C’est ton système énergétique, c’est ton système de chauffage, il fournit de l’électricité à tout le monde. Quand tu parts le matin, tu t’en va au guidon de ta centrale électrique locale. »
Ces dix dernières années, Kamen, qui a fait fortune comme inventeur de la pompe à insuline, a dépensé quelques 40 millions de $ à développer des moteurs Stirling. Ils peuvent utiliser pratiquement n’importe quelle source d’énergie pour chauffer un récipient hermétique contenant un gaz –hydrogène ou hélium par exemple – qui s’expanse et se contracte pour actionner un piston et produire de l’électricité. (Le scooter utilise une petite bouteille de propane comme source d’énergie.) « Nous alimentons deux village au Bengladesh grâce à des Stirlings qui marchent à la foutue bouse de vache », dit Kamen, qui imagine alimenter les villages déconnectés du monde et utiliser la chaleur résiduelle du moteur pour purifier l’eau.
Mais Kamen a besoin de passer à la production de masse pour réaliser ce rêve et c’est là qu’intervient Think. Kamen a rencontré le directeur général de Think, Jan-Olaf Willus, l’année dernière au MIT. « Je l’ai emmené dans le New Hampshire et nous avons passé la moitié de la nuit à spéculer sur le monde génial que ce serait si on mettait les bonnes technologies, au bon endroit, au bon moment », raconte Kamen. « J’ai besoin de quelques fonctions radicalement nouvelles pour lancer la production de ce truc. Et un moyen serait de créer la première voiture hybride Stirling électrique du monde. » Alors Willums a envoyé une Thinj City à Kamen, qui maintenant modifie le coupé deux places pour transporter un moteur Stirling (photo ci-dessus) alimenté par de l’huile végétale par exemple. (« Tu pourrais conduire à travers tout le pays en t’arrêtant faire le plein au McDonalds » dit Kamen.) Cela n’augmenterait non seulement l’autonomie de la Think de centaines de miles, mais cela transformerait également la voiture en générateur mobile. Lors des pics de consommation électrique de la journée, des milliers de Thinks branchées dans les parkings des bureaux pourraient fournir de l’énergie au réseau pour que des sociétés comme PG&E (PCG) et Edison (EIX) puissent éviter d’avoir à allumer des centrales qui réchauffent la planète. Le moteur Stirling rechargerait alors la batterie pour le trajet de retour à la maison. Quand nous avons parlé à Kamen la dernière fois en juillet, la version automobile du Sterling était opérationnelle. La prochaine étape consiste à l’installer dans la City et à voir s’il marchera comme prévu. Vous ne verrez probablement pas un Stirling dans une Toyota (TM) ou une Ford (F), mais l’engin done à Think une autre centrale électrique à proposer à ses clients.
« Si on avait assez de Thinks, ça changerait complètement l’architecture du réseau », dit Kamen en emmenant Green Wombat faire un tour dans Westwind, passant devant son éolienne avant de garer la Think City bleue près de sa paire d’hélicoptères Enstrom. (Il garde la Think dans un garage qui abrite aussi sa voiture à vapeur de 1898 et un modèle T de 1913.) Kamen nous guide vers la salle de contrôle de sa maison de 3 000m2. Une boite bleue connectée à Internet appelée Teletrol contrôle les systèmes énergétiques de la maison, incluant un moteur Stirling de la taille d’un climatiseur qui joue le rôle de générateur de relais quand la demande électrique s’envole. Kamen a inventé le Teletrol et son entreprise[1] du même nom gère à distance les systèmes de chauffage et de climatisation de bâtiments comme l’Opéra de Sydney. Bien sûr Kamen aimerait voir un Teletrol dans chaque maison, agissant comme interface entre votre Think connectée à internet et le réseau électrique (et, idéalement, le moteur Stirling installé dans votre cave ou votre buanderie.)
« Le gros avantage est qu’une fois lancée la production de ce moteur, là où il sera particulièrement utile, c’est pour ces 1,6 milliards de gens sur cette planète qui n’ont jamais utilisé l’électricité », dit Kamen. « Nous deviendront la Con Edison[2] de chaque village en Asie, en Afrique et en Amérique Centrale. »
Les liens et les images de cet article sont ceux de l'article original.





Commentaires
j'aimerai trouver un moteur stirling pour pouvoir recharger 4 batteries de 12v 120a/h; je cherche désespérément sans résultat, pouvez-vous m'aider?