Où sont les superstars du design vert ?
Par David L'Hôte le mercredi 25 juillet 2007, 01:18 - Lien permanent
Traduction de l'article de Jeremy Faludi (12 avril 2007), Where Are The Superstar Green Designers?, worldchanging.com.
Pourquoi n’y a-t-il pas de designers produit verts célèbres ? L’architecture a son William McDonough et son Shigeru Bans, qui a le design produit ?
Personne ? (Vraiment, je vous encourage à essayer d’en nommer quelques-uns dans les commentaires. J’aimerai qu’on me prouve que j’ai tort.) Franco Lodato est un designer renommé qui fait de la biomimétique, mais il n’est pas particulièrement vert. Michael Braungart est l’une des personnes les plus vertes dans le design produit, mais c’est un chimiste. McDonough a aussi fait beaucoup avec Braungart pour suggérer des directives comme Cradle to Cradle, mais il est tout de même architecte, il ne designe pas de produits. Buckminster Fuller aurait pu être appelé designer vert pour son véhicule Dymaxion, et sa cuisine, et autres, mais il était plus technologue que designer, et de toute façon il n’est plus parmi nous. Amory Lovins, Gunter Pauli, et d’autres grands noms ont aidé les compagnies à verdir leurs lignes de production, mais ils ont fait peu, si ce n’est pas, de design.
Alors pourquoi n’y a-t-il pas de designers produit verts ?
Quelques raisons. Pour partie parce que ce qui rend un produit viable sont la fabrication et le modèle commercial d’un côté, et la science et la technologie des matériaux verts de l’autre. Les propriétaires de compagnies sont ceux qui peuvent faire que le vert existe. Les designers utilisent juste les outils qu’ils ont et designent en suivant les spécifications. Par exemple, Herman Miller a demandé au célèbre designer Yves Behar de faire un luminaire vert pour eux, leur lampe à LED Leaf Light. Behar n’est pas lui-même un designer particulièrement vert, mais les exigences en termes de design d’Herman Miller ont rendu le produit vert. Comme pour leurs chaises Mirra et Celle, ce sont leurs exigences en terme de matériaux, de technologie, et de méthode de fabrication qui ont rendu leur produit vert. Un autre exemple est que l’Illinois Institute of Technology à Chicago avait une école de design vert pendant un petit moment, mais il l’a transformée en école de stratégie commerciale verte, parce qu’ils ont décidé que c’était un enseignement plus effectif. Notre propre Dawn Danby est une designer qui passe un MBA dans une école verte au lieu de poursuivre son diplôme de design vert. J’ai essayé (comme de nombreux designers que je connais) d’inciter les clients à des designs et des matériaux plus verts, mais à la fin de la journée, ce sont eux qui font les choix. Comme l’a dit Dawn :
[C’]est pourquoi tu as des designers indépendant qui font des trucs stupides à partir de camelote : ils peuvent contrôler tout le système à l’exception de la fin vie en identifiant les matériaux (« ces tubes en plastique étaient jetés à la poubelle ! ») et puis ils assemblent des choses malines dans leurs garages. Une lampe faite de bouteilles d’Évian vides représente vaguement la viabilité, ça y fait mollement allusion, mais ça ne nous fait pas avancer bien loin. Ce qui me rend folle c’est le fait que de l’écodesign qui ressemble à ça, ça existe depuis des décennies, et maintenant ça devient célèbre…tout en passant à côté de l’essentiel.L’essentiel dont elle parle est que ces petites œuvres rusées et uniques, aussi branchées et à la mode soient-elles, n’arrêterons pas le train de marchandises de l’industrialisme de passer sur la planète ; elles feront juste de petits bruits crissant alors que le train rugira au dessus d’elles et ralentira d’un demi-pourcent. Ce dont nous avons besoin c’est d’une transformation de la fabrication de masse, rien de moins qu’une seconde révolution industrielle, comme l’ont déjà indiqué plusieurs sommités.
Les architectes peuvent construire d’impressionnants projets uniques parce que tous les bâtiments sont uniques (exception faite de la petite industrie du préfabriqué) ; les designers produit doivent fabriquer à l’échelle pour avoir un impact. Peut être est-ce la raison pour laquelle la construction verte est montée en flèche avant les produits verts – parce qu’un architecte n’a à convaincre qu’un seul client des bénéfices de la viabilité, alors qu’un produit doit convaincre des millions de clients en restant dans les linéaires. Si la mode actuelle de la haute couture verte perdure, cette barrière tombera, mais il y a encore un long chemin à parcourir – le bas-prix règne en maître sur le monde, et jusqu’à maintenant la seule manière de faire pour qu’aient lieu de grands changements au niveau du marché est la règlementation gouvernementale comme la RoHS et la directive WEEE en Europe.
Le manque de contrôle individuel des designers ne signifie pas que les designers soient impuissants ; cependant, cela nous amène à la seconde raison pour laquelle il n’y a pas – et peut être ne devrait-il pas y avoir – de superstars du design vert. Designer pour la viabilité requiert une expertise de plusieurs secteurs. Comme en architecture, une personne ne peut être experte dans tous les domaines, des équipes collaboratives sont nécessaires pour résoudre les problèmes efficacement. Cela veut dire que quand un produit super viable est lancé, ça n’est pas seulement le travail du designer, mais celui de chimistes, d’ingénieurs mécaniciens, d’ingénieurs industriels, de gens des affaires, etc. Peut-être cela veut-il aussi dire que le mérite des grand succès devrait être partagé.
La nature multidisciplinaire du design vert signifie aussi que les designers qui y creusent le plus se trouvent très éloignés de ce qui est considéré comme le design. Ils sont tirés dans la science de la viabilité, comme Philip White, titulaire de la chaire de la section écodesign de l’IDSA, qui enseigne et qui étudie l’analyse du cycle de vie bien plus qu’il ne designe en fait. Nous avons besoin d’espace afin que les designers pousse l’exploration plus loin et reviennent quand-même, produisant un meilleur design d’avoir gagné une nouvelle ampleur.
Pensez-vous qu’il y ait des superstars du design verts ? Lâchez quelques noms dans les commentaires. J’aimerais avoir tort. Je pense que ce serait une bonne chose pour l’industrie d’avoir quelques rock stars, comme incarnation et porte-parole. Après tout, c’est ainsi que les industries franchissent les premiers obstacles – en regardant quelque renégat sauter l’obstacle en premier. C’est pour partie de la sorte que l’architecture verte est passée d’une bande de hippies il y a trente ans à un créneau en plein essor, portant costume, au sein du monde de la construction aujourd’hui, là où l’industrie montre le chemin on inscrit les normes gouvernementales et d’application volontaire dans les codes d’urbanisme, plus que le gouvernement ne commande à l’industrie en donnant des coups et en criant.
Les liens de cet article sont ceux de l'article original.


Commentaires